Les haies et la sécheresse en agriculture
Le troisième épisode de notre série consacrée aux haies bocagères va tenter de coller à l’actualité « brûlante » du moment.
Nous avons cité dans les derniers articles, la plupart des atouts des haies en ce qui concerne le climat, la biodiversité et les usages humains.
Maintenant que nous savons que cet été chaud et sec est exceptionnel par rapport à ceux passés, mais plutôt normal en comparaison aux prochaines décennies à venir, conserver et planter des haies prend donc tout son sens.
Un régulateur naturel
Quand on parle haie et agriculture, le débat peut être tout aussi « chaud ». Mais tentons d’apporter des éléments factuels et scientifiques.
L’été que nous vivons actuellement est caractérisé par un manque de précipitations : seulement 40mm de pluie sont tombés sur la station météo de Plouasne depuis le 1er juin jusqu’au 16 août, dont seulement 0,2mm depuis le 16 juillet (source : météociel.fr). Les normales de ces 30 dernières années montrent qu’en moyenne 152mm de pluie tombent sur cette même période, ce qui donne un déficit de 74% de pluviométrie pour ces trois mois de 2026.
Les vagues de chaleur intenses et durables affectent grandement les cultures, la biodiversité et nous, humains. Depuis le 1er juin, ce ne sont pas moins de 30 jours de fortes chaleurs (au dessus de 30°C) qui ont été relevés à Plouasne, contre seulement 7 en moyenne ces 30 dernières années (station du Quiou). Également, le vent majoritairement continental et donc desséchant est dominant cet été et entraine avec lui une évaporation maximale de l’eau des végétaux et donc du sol.
Un atout à long terme
Pour tenter de contrer les conséquences délétères de ce changement climatique, la haie peut être un partie de la réponse.
Nous l’avons ressenti lors de la randonnée ApéroZique, nos passages dans les chemins creux bordés de haies anciennes et denses nous ont offert une fraicheur très appréciable.
Cette fraicheur apportée par l’ombrage de la haie est salutaire pour le bétail qui pâture. Les effets positifs sont évidents pour le bien être des animaux et induisent une meilleure production de lait par exemple, estimée par des études entre 10 et 20% (www.reussir.fr/lait/les-bienfaits-dune-haie-bien-faite).
De même, les cultures bénéficient de l’influence positive de la haie. Nous avons pu observer lors de la randonnée, des champs de maïs cultivés dans des paysages différents. Et sans surprise, dans les parcelles bocagères, les plants semblaient en meilleure santé que dans les grandes surfaces dégagées.
Cela s’explique par la protection contre le vent, sur une distance de l’ordre de 10 à 20 fois la hauteur de la haie, par l’infiltration et la rétention de l’eau favorisées par les talus et le sol humifère au pied de la haie (+5 à 10% dans les premières couches du sol par rapport à un sol nu). Malgré la concurrence directe avec les arbres sur les premiers mètres, le rendement de la parcelle peut être augmenté jusqu’à 20% (ofb.gouv.fr/que-nous-apportent-les-haies-et-le-bocage) ce qui n’est pas négligeable.

Autre atout pour les agriculteurs, les haies abritent nombre d’auxiliaires des cultures, qui prédatent les ravageurs, de plus en plus résistants aux pesticides. Plus une haie est ancienne et diversifiée, plus elle peut abriter d’auxiliaires. Ainsi, selon un rapport de l’INRAE de 2022, une haie réduit de 84% l’abondance de bioagresseurs dans les cultures voisines (https://theconversation.com/planter-une-nouvelle-haie-ne-compense-pas-la-destruction-dune-haie-ancienne-225108).
Autres exemples plus concrets, un couple de mésange bleue consomme environ 12000 chenilles pour mener à bien une nichée. Un faucon crécerelle mange environ 2200 mulots par an (https://www.promhaies.net/association/pourquoiplanter/fonctions-agronomiques,696/)
Il est donc urgent d’arrêter la destructions des haies anciennes, sachant que la compensation par la plantation de jeunes haies n’est pas avantageux à moyen terme, notamment à cause du temps nécessaire pour atteindre un écosystème bocager ancien.




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